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Extraits
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«Grâce et dénuement»

Alice Ferney
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« Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques renifements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l’histoire, les apaisait d’un seul coup, sans qu’ils ne demandent rien. Elle lisait dans le calme. On entendait juste le ron ement d’air chaud. Les enfants avaient posé les mains sur leurs cuisses. Ils entraient petit à petit dans la chose du papier, ce miracle, cet entre-deux. Esther ne s’arrêtait plus de lire pendant près d’une heure, et quand elle nissait, ils s’étiraient, revenant de l’autre monde, plus enveloppant, plus rond, plus chaud que celui dans lequel ils retournaient à peine sortis de la voiture et qui les mordait au visage comme un chien fou. »

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